Du 20 au 26 février 2006 : souvenirs de Chine
Le directeur de l’INBP, Gérard Brochoire, vient de participer à un colloque chinois sur les blés français, organisé par France Export Céréales. Direction : Xiamen
> Le saviez-vous : les Chinois, grands mangeurs de blé
On a pour habitude d’associer la Chine au riz, mais c’est oublier qu’elle est à la fois un grand producteur de blé (92 millions de T/an) doublé d’un grand consommateur (plus de 110 millions de T/an). D’où la nécessité d’importer. En 2005, 700 000 tonnes sont parties de Rouen, premier port céréalier européen, et de Dunkerque. France Export Céréales, présidée par J.-J. Vorimore, promeut les blés français, sur le marché chinois, en organisant des séminaires, essais, démonstrations... Fin février, un colloque a réuni à Xiamen, à 200 km de Shanghai, plus de 200 participants : des représentants politiques, des industriels meuniers, des organismes stockeurs. Gérard Brochoire, directeur de l’INBP, faisait partie de la délégation française.
> Quelle place représente le blé dans l’assiette d’un Chinois ?
Gérard Brochoire – “On peut s’étonner de cette importation de blés français. Il faut savoir que nos blés tendres sont bien adaptés à la fabrication de leurs pâtes, leurs raviolis et de leur pain “le man-tou”, cuit à la vapeur. Par ailleurs, leur cuisine est remarquablement diversifiée. Les Chinois mangent toujours en petites quantités. Les aliments sont finement détaillés. Cela leur confère une note raffinée, mais ne doit pas cacher que cette pratique trouve racine dans une pauvreté initiale. Quand la viande ou le poisson se font rares, on en fait de très petites bouchées ! Les Chinois semblent attachés à la relation entre santé et alimentation. Peu de lipides dans l’assiette chinoise, et pas d’excès de sucre : ça se voit dans la rue, les obèses sont rares. Seule fausse note dans ma découverte gastronomique : le serpent qui m’a été servi accompagné de deux verres, l’un de bille, l’autre de sang. J’ai calé devant la bille. Sans doute ne suis-je qu’un piètre connaisseur !”
> Qu’est-ce qui vous a le plus surpris en Chine ?
Gérard Brochoire – “Les Chinois sont très, très, très nombreux. Même dans un Paris dense, on ne ressent jamais autant d’effervescence, de mouvements. Ils ont de longues journées de travail. Je suis déjà allé en Chine, en 1998. En 8 ans, j’observe un vrai boom économique. Les buildings prolifèrent, les centres d’affaires se multiplient, la ville entière est un vaste chantier : on bâtit sans relâche. Xiamen est une grosse station touristique, située sur la côte, qui comptent de nombreux complexes de loisirs. De nouveaux riches défilent, dans ses rues très bien entretenues, en voitures luxueuses. C’est bruyant, voyant, clinquant. La pauvreté est invisible, comme si, par enchantement, elle avait pu totalement disparaître !”